La cérémonie de « Sargal » organisée ce jeudi 11 juin 2026 à Namora par les femmes leaders de Terminus 69 a pris les allures d’une tribune politique sur l’avenir de Tivaouane Peulh-Niague-Niacoulrab. Devant une foule composée de femmes, de jeunes, de sages, d’imams, de délégués de quartiers et de responsables communautaires, le président du Mouvement Mon Pays Mon Avenir (MPMA), Ibrahima Cissokho, a livré un réquisitoire sévère contre ce qu’il considère comme des années de sous-développement et d’immobilisme dans la commune.
Alors que les populations continuent de faire face à de nombreux défis liés aux infrastructures, à l’emploi des jeunes et à l’amélioration du cadre de vie, le responsable politique estime que la commune n’a pas bénéficié de l’attention qu’elle mérite malgré son potentiel humain et économique.
« Tivaouane Peulh-Niague-Niacoulrab est malheureusement la seule commune qui semble avoir été oubliée. Pendant douze ans, nous n’avons pas vu les investissements et les réalisations que les populations étaient en droit d’attendre », a-t-il déclaré devant une assistance attentive.
Pour Ibrahima Cissokho, le constat est d’autant plus préoccupant que la commune regorge de ressources humaines capables d’impulser une nouvelle dynamique. Il regrette cependant que ces compétences n’aient pas été suffisamment associées à la gestion des affaires locales.
« Nous avons des jeunes diplômés, des femmes engagées, des cadres compétents et des sages expérimentés. Une commune avec un tel potentiel ne devrait pas être confrontée à un tel retard de développement », a-t-il soutenu.
Dans son intervention, le président du MPMA a également critiqué ce qu’il qualifie de manque de résultats dans la gestion municipale des dernières années. Selon lui, le moment est venu d’ouvrir une nouvelle page et de bâtir une gouvernance davantage tournée vers les préoccupations des populations.
« Nous avons eu un maire qui a dirigé cette commune pendant douze ans. Aujourd’hui, chacun peut apprécier le bilan. Ce qui est certain, c’est que nous ne répéterons jamais les erreurs du passé », a-t-il lancé.
Mais au-delà de la critique, le responsable politique a voulu adresser un message de rassemblement. Dans un contexte où les échéances municipales de 2027 commencent déjà à alimenter les débats, il a invité les différents acteurs politiques et communautaires à dépasser les querelles partisanes pour privilégier l’intérêt général.
« Les élections municipales ne sont ni une affaire de Pastef, ni de l’APR, ni d’un quelconque parti politique. C’est une affaire de commune. C’est l’avenir de nos enfants, de nos familles et de nos quartiers qui est en jeu », a-t-il affirmé.
Appelant à une large mobilisation des forces vives, il a plaidé pour la constitution d’un front local capable de porter un projet de transformation de la commune.
« Nous devons avancer ensemble. Nous ne laisserons plus les divisions freiner notre développement. Tous ceux qui aiment cette commune ont leur place dans ce combat pour le changement », a-t-il insisté.
La rencontre, organisée sous la conduite d’Émilie Thiaw Gomis, a également été marquée par une forte mobilisation des femmes de Namora, qui ont réaffirmé leur engagement à accompagner les initiatives visant à promouvoir le développement local et l’amélioration des conditions de vie des populations.


