À l’occasion de la Journée internationale de la franchise célébrée ce mercredi 10 juin, l’Association Sénégalaise de la Franchise (ASF) a publié un communiqué mettant en lumière les avancées du secteur au Sénégal, tout en lançant un appel fort aux pouvoirs publics et aux acteurs économiques pour structurer davantage ce modèle jugé porteur de croissance et d’emplois.
Dans sa communication parvenue à Écho 221, l’ASF a d’abord tenu à rappeler la définition et les enjeux de la franchise, présentée comme un modèle économique de partenariat entre un franchiseur, détenteur d’un concept éprouvé et d’un savoir-faire, et un franchisé qui exploite ce concept sous une enseigne commune. Un système basé sur une collaboration encadrée, permettant à chaque partie de conserver son indépendance juridique et financière.
Selon l’ASF, la franchise constitue un modèle « gagnant-gagnant » : elle réduit les risques d’échec pour les entrepreneurs, permet aux enseignes de se développer rapidement sans lourds investissements, et contribue à la création d’emplois formels ainsi qu’au transfert de compétences au niveau national.
Le communiqué dresse également un état des lieux du secteur de la franchise au Sénégal, estimé en pleine expansion. Le pays compterait aujourd’hui environ 420 enseignes franchiseurs et 1 540 enseignes franchisées, avec un chiffre d’affaires global évalué entre 1 150 et 1 380 milliards de FCFA.
Deux dynamiques principales structurent ce marché : les réseaux internationaux, majoritaires, et les réseaux endogènes sénégalais, estimés à environ 200 enseignes, témoignant d’une montée en puissance de l’entrepreneuriat local.
Si Dakar demeure le principal centre d’activité, l’ASF note également une extension progressive vers d’autres régions comme Thiès, Mbour, Saint-Louis et Ziguinchor, notamment dans les secteurs de la restauration rapide, de la grande distribution, des services à la personne et de la beauté.
Cependant, l’organisation identifie plusieurs secteurs encore sous-exploités, tels que la santé, l’hôtellerie économique, la formation professionnelle, le fitness ou encore les services B2B.
L’Association Sénégalaise de la Franchise met en avant les initiatives déjà engagées pour structurer l’écosystème. Parmi elles figurent un partenariat avec le ministère du Commerce, la Douane, l’ADEPME et d’autres institutions afin de mettre en place un mécanisme de garantie dédié à la franchise.
L’ASF pilote également un programme d’accompagnement des PME souhaitant formaliser leur modèle en franchise, ainsi qu’une coopération internationale ayant permis des missions d’affaires et des mises en relation stratégiques.
Sur le plan juridique, l’association milite pour une réforme de l’Acte uniforme OHADA afin d’introduire davantage de protection et de transparence dans les contrats de franchise, notamment à travers un document d’information précontractuelle et un encadrement des conditions de résiliation.
Dans son communiqué, l’ASF annonce également la tenue de la deuxième édition du Franchise Expo Dakar, prévue du 17 au 19 novembre 2026 au Centre international de conférences de Dakar (CICES).
L’événement, présenté comme la plus grande plateforme de la franchise en Afrique subsaharienne, devrait accueillir plus de 150 exposants et environ 5 000 visiteurs. Il vise à positionner le Sénégal comme un hub régional de la franchise, en favorisant les rencontres entre investisseurs, franchiseurs internationaux et entrepreneurs locaux.
Enfin, l’ASF appelle les pouvoirs publics, les institutions financières, les investisseurs et les entrepreneurs à s’impliquer davantage dans le développement du secteur. Elle invite notamment les autorités à reconnaître la franchise comme un secteur stratégique dans les politiques de financement et à renforcer le cadre juridique existant.
L’organisation encourage également les banques à proposer des produits financiers adaptés, et les franchiseurs internationaux à collaborer davantage avec des partenaires locaux qualifiés.


