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Sangalkam : « 90 % des courriers reçus à la mairie concernent le foncier », alerte le maire Alpha Bocar Khouma

À Sangalkam, la question foncière demeure l’une des principales préoccupations des autorités locales. Entre litiges, occupations irrégulières et méconnaissance des procédures administratives, les conflits se multiplient dans cette commune en pleine expansion. Pour tenter d’inverser la tendance, la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS) a organisé, ce mardi 28 juillet 2026, une journée de sensibilisation à l’intention des populations.

Réunissant autorités administratives, élus locaux, chefs de village, Badiène Gokh, délégués de quartier et citoyens, cette rencontre vise à informer les populations sur les procédures d’acquisition des terrains, les autorisations de construire et les moyens de prévenir les litiges fonciers.

Pour le maire de Sangalkam, Alpha Bocar Khouma, cette initiative permettra de combler un déficit d’information. « Il y avait un problème de communication. Aujourd’hui, les populations comprennent mieux les procédures grâce aux explications de la DGSCOS, qui est notre partenaire numéro un », a-t-il déclaré.

L’édile attribue la situation actuelle aux différents découpages administratifs qu’a connus l’ancienne communauté rurale de Sangalkam. « Les délégations spéciales de 2008, 2009 et 2011 ont laissé de nombreux contentieux qui persistent encore aujourd’hui », a-t-il expliqué.

Le maire a surtout révélé un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise foncière dans la commune. « Chaque jour, près de 90 % des courriers que je reçois concernent le foncier : demandes d’arbitrage, oppositions, litiges ou réquisitions. Rien que lundi, j’ai reçu une dizaine de réquisitions. Cela montre combien cette question préoccupe les populations », a-t-il confié.

Selon lui, le dossier de Khalou Dioula, portant sur 140 hectares et frappé d’un arrêté préfectoral depuis 2022, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. « Nous allons poursuivre le travail avec la DGSCOS pour réduire ces litiges qui gangrènent notre commune », a assuré le maire.

De son côté, Demba Traoré, représentant de la DGSCOS, a rappelé que Sangalkam n’est pas un cas isolé. « Le problème foncier existe pratiquement partout. Notre mission est de prévenir avant de sanctionner en rapprochant l’administration des populations », a-t-il expliqué. Il a également mis en garde contre une erreur fréquente : « Beaucoup pensent qu’un simple acte de cession est un titre de propriété, alors que des procédures administratives sont indispensables pour sécuriser un terrain. »

Les participants ont salué cette initiative. Journaliste intéressé par les questions foncières, Abdou Diouf Diagne estime que cette campagne répond à une véritable urgence. « Dans le département de Rufisque, si l’on réalise dix reportages, pratiquement huit concernent le foncier. Beaucoup de victimes le sont par manque d’information », a-t-il souligné, plaidant pour l’extension de cette campagne à d’autres départements.

Victime de la démolition de ses maisons à Ndiakhirate, Thierno Diallo s’est réjoui d’avoir mieux compris les procédures liées aux autorisations de construire, à l’urbanisme et à la sécurisation foncière. Un sentiment partagé par plusieurs participants, convaincus que la sensibilisation constitue un premier pas vers la réduction des conflits fonciers à Sangalkam.

Birame Ndaw

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