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Rufisque-Nord : pourquoi Assane Kassé découvre-t-il les maux de sa commune à la veille de la fin de son mandat ?

Le forum citoyen et partenarial organisé par la municipalité de Rufisque-Nord pour présenter le Plan de Développement Communal (PDC) 2025-2029 a relancé le débat sur les véritables défis auxquels la commune est confrontée. Une démarche qui intervient à un moment particulier de la vie politique locale, alors que le mandat du maire Assane Kassé approche de son terme.

Si le maire a dressé un diagnostic des difficultés qui freinent le développement de la commune, plusieurs observateurs soulignent que ces préoccupations sont depuis longtemps portées dans le débat public par des acteurs politiques et citoyens. Parmi eux figure Mame Seynabou Diop Ndoye, qui n’a cessé ces derniers mois d’alerter sur ce qu’elle considère comme les principaux maux de Rufisque-Nord.

Pour de nombreux habitants, la question qui se pose aujourd’hui est simple : pourquoi avoir attendu la fin du mandat pour reconnaître officiellement des problèmes que les populations vivent quotidiennement depuis plusieurs années ?

Car les difficultés évoquées lors du forum municipal sont précisément celles que Mame Seynabou Diop Ndoye, à la tête du Mouvement Espoir Rufisque (MER), met régulièrement en avant dans ses prises de parole publiques.

Selon la responsable du MER, le principal défi reste celui de l’assainissement.

Chaque hivernage, les mêmes scènes se répètent dans plusieurs quartiers de la commune : routes impraticables, maisons inondées, eaux stagnantes et risques sanitaires accrus. Pour de nombreuses familles, la saison des pluies demeure une période d’incertitude et d’inquiétude.

Pour Mame Seynabou Diop Ndoye, cette situation illustre l’absence de solutions structurelles capables de mettre définitivement les populations à l’abri des inondations récurrentes.

Autre préoccupation majeure soulevée par la présidente du MER : l’emploi des jeunes.

Rufisque-Nord dispose pourtant d’une jeunesse qualifiée, dynamique et entreprenante. Diplômés, artisans, sportifs ou porteurs de projets peinent néanmoins à trouver des opportunités leur permettant de s’insérer durablement dans le tissu économique local.

Selon elle, le manque de programmes d’accompagnement, de financement et de formation adaptés constitue aujourd’hui l’un des principaux freins au développement de la jeunesse de la commune.

La gestion des déchets, l’insuffisance de l’éclairage public dans certains quartiers et le manque d’espaces de loisirs figurent également parmi les préoccupations régulièrement évoquées par Mame Seynabou Diop Ndoye.

Dans plusieurs zones de Rufisque-Nord, les habitants dénoncent une dégradation progressive du cadre de vie qui affecte leur quotidien. L’insalubrité, l’insécurité liée à l’obscurité de certaines rues et l’absence d’infrastructures adaptées à la jeunesse alimentent un sentiment d’abandon chez une partie de la population.

Au-delà des difficultés matérielles, la responsable du Mouvement Espoir Rufisque pointe également un déficit de dialogue entre les autorités municipales et les populations.

Selon elle, de nombreux citoyens ont le sentiment que les décisions concernant leur commune sont prises sans réelle concertation. Une situation qui nourrit les critiques sur la gouvernance locale et renforce les attentes en matière de transparence et de participation citoyenne.

Mame Seynabou Diop Ndoye insiste également sur la situation des femmes, qu’elle considère comme des actrices essentielles du développement économique et social de Rufisque-Nord.

Malgré leur rôle central dans les marchés, le commerce et les activités génératrices de revenus, elles continuent de faire face à des difficultés d’accès aux financements, à la formation professionnelle et aux mécanismes d’accompagnement susceptibles de renforcer leur autonomie économique.

C’est précisément ce qui alimente aujourd’hui le débat politique local. Les difficultés présentées par le maire Assane Kassé lors du forum correspondent, pour l’essentiel, aux constats formulés depuis plusieurs mois par Mame Seynabou Diop Ndoye et le Mouvement Espoir Rufisque.

Dès lors, une interrogation demeure : pourquoi avoir attendu les derniers mois du mandat pour établir officiellement un diagnostic que les populations et plusieurs acteurs locaux dénoncent depuis longtemps ?

Le Plan de Développement Communal 2025-2029 se veut ambitieux. Mais à Rufisque-Nord, beaucoup estiment que le temps des diagnostics touche à sa fin et que l’heure est désormais au bilan.

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