Le vote du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 a été reporté à une date ultérieure après le renvoi du texte en commission des finances et du contrôle budgétaire, à la demande du gouvernement. Cette décision, prise ce mardi en pleine séance plénière, ouvre une nouvelle phase de discussions entre l’Exécutif et les députés. Les réactions d’Abdou Mbow et de Mohamed Ayib Salim Daffé illustrent les divergences autour du texte.
Membre du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, Abdou Mbow dénonce une manœuvre politique et met en cause la gestion budgétaire du gouvernement. « Nous assistons à une pièce de théâtre qui a commencé depuis le début de l’examen de ce projet de loi de finances rectificative », affirme-t-il.
Le député reproche à Pastef d’avoir rejeté le texte en commission, alors que le parti avait soutenu la loi de finances initiale. Il estime que la LFR 2026 révèle les difficultés du Plan de redressement économique et social (PRES), évoquant notamment « 451 milliards de francs CFA de moins-values, 555 milliards de francs CFA en moins sur les investissements et 340 milliards de francs CFA de pertes de recettes ».
Abdou Mbow conteste également les discussions engagées entre le gouvernement et Pastef, assurant que son groupe parlementaire n’y est pas associé. Il accuse la majorité de chercher à justifier sa position en affichant désormais son ouverture au dialogue.
De son côté, le président du groupe parlementaire Pastef, Mohamed Ayib Salim Daffé, défend la position de sa formation et insiste sur la nécessité d’un dialogue avec le gouvernement. Selon lui, les discussions auraient dû commencer plus tôt afin de parvenir à un consensus avant la séance plénière.
« Nous avons toujours œuvré pour le dialogue. Et nous avons toujours fait preuve de disponibilité et d’ouverture », déclare-t-il, tout en regrettant que le gouvernement n’ait pas répondu favorablement aux préoccupations exprimées par son groupe lors des premiers échanges.
Le député se dit toutefois disposé à un compromis, estimant que les cinq exigences formulées par Pastef sont « réalistes » et « ne sont pas démesurées ». Il espère que le report du vote permettra d’aboutir à un accord.
Sur le fond, Mohamed Ayib Salim Daffé critique les coupes touchant certains investissements prioritaires, alors que le gouvernement prévoit, selon lui, de recourir à l’endettement extérieur pour financer des dépenses sociales. Il propose notamment d’examiner une réduction des taxes liées à l’énergie afin de dégager des marges budgétaires supplémentaires.
Concernant les bourses de sécurité familiale, Pastef se dit favorable à leur augmentation, tout en appelant à évaluer leur impact et à tenir compte des ressources disponibles. « L’objectif d’un gouvernement, c’est de réduire la pauvreté, de sortir les gens de la pauvreté », souligne-t-il.
Birame Ndaw


