Il y a des moments dans la vie d’une Nation où il faut savoir prendre de la hauteur et regarder au-delà des querelles du moment.
Le Sénégal traverse aujourd’hui une période politique particulière. Les débats sont nombreux, les critiques parfois très fortes et les réseaux sociaux donnent une grande résonance à chaque déclaration, chaque désaccord et chaque polémique.
Dans ce contexte, il est facile de se perdre dans les querelles de personnes et les affrontements politiques. Pourtant, l’essentiel devrait être ailleurs : dans la capacité de notre pays à avancer et à préparer son avenir.
Le Sénégal ne peut pas rester éternellement tourné vers son passé. Il doit désormais regarder devant lui et se concentrer sur ce qu’il veut devenir.
C’est dans cette perspective qu’il faut apprécier l’action du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, ainsi que celle du Gouvernement.
La nomination d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô à la tête du Gouvernement marque une nouvelle étape. Nommé Premier ministre le 25 mai 2026, il doit désormais présenter sa Déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale.
Ce rendez-vous ne doit pas être une simple formalité institutionnelle. Il doit surtout permettre au Gouvernement de présenter clairement sa vision, ses priorités, les moyens qu’il compte mobiliser et les résultats qu’il entend obtenir.
C’est cela que les Sénégalais attendent.
Ils veulent moins de bruit et plus d’action.
Moins de querelles et plus de résultats.
Moins de promesses et davantage de réalisations.
Le Président doit être jugé sur son action
Dans une démocratie, il est normal que le Président de la République soit critiqué. Il est également normal que les décisions du Gouvernement soient discutées et parfois contestées.
Mais la critique ne doit pas devenir un objectif en soi.
Aujourd’hui, le Président Bassirou Diomaye Faye a une responsabilité importante : faire en sorte que la volonté de changement exprimée par les Sénégalais se traduise par des résultats concrets.
Cela demande du temps, de la méthode et de la stabilité.
Le Sénégal ne peut pas passer son temps à regarder les rivalités politiques pendant que les véritables défis restent devant nous.
Notre pays doit travailler, produire, investir, créer des emplois, renforcer son économie et améliorer les services publics.
Il doit surtout préparer l’avenir de sa jeunesse et des générations qui viennent.
Sénégal 2050 : il faut maintenant passer à l’action
Le véritable défi du pouvoir n’est plus seulement de convaincre les Sénégalais qu’un changement était nécessaire.
Il faut maintenant montrer que ce changement peut réellement améliorer leur quotidien.
L’Agenda national de transformation Sénégal 2050 ne doit pas rester un ensemble de documents, de discours ou de grandes orientations. Il doit se traduire par des actions visibles et concrètes dans la vie des citoyens.
C’est là que se trouve le véritable enjeu.
Un programme politique n’a de valeur que lorsqu’il produit des résultats et améliore concrètement la vie des populations.
La Déclaration de politique générale du Premier ministre sera donc particulièrement importante. Elle devra permettre aux Sénégalais de comprendre comment le Gouvernement compte passer des orientations à l’exécution.
Car au final, ce sont les résultats qui permettront de juger l’action du pouvoir.
Le Sénégal a besoin de sérénité
Il faut aussi avoir le courage de le dire : notre pays a besoin de sérénité.
Nous pouvons être en désaccord sans devenir des ennemis.
Nous pouvons critiquer une décision sans remettre en cause les institutions.
Nous pouvons soutenir le Gouvernement tout en reconnaissant ses éventuelles erreurs.
Et nous pouvons être dans l’opposition sans souhaiter l’échec du Sénégal.
C’est cette maturité politique dont notre démocratie a besoin.
Le Président de la République n’est pas le Président d’un camp. Le Gouvernement n’est pas le gouvernement d’une partie du Sénégal.
Ils ont la responsabilité de gouverner pour tous.
De notre côté, nous avons la responsabilité de rester des citoyens exigeants, vigilants et capables de juger l’action publique avec lucidité.
Le temps de l’action
Le Sénégal doit maintenant regarder devant lui.
Le débat national ne devrait pas être dominé uniquement par les questions de personnes ou les anciennes querelles. Il doit davantage porter sur ce qui fonctionne, ce qui doit être amélioré et les moyens de faire avancer le pays.
C’est sur ce terrain que le Gouvernement doit accepter d’être jugé.
Et c’est également sur ce terrain que nous devons l’accompagner lorsqu’il agit dans l’intérêt général.
Soutenir une politique publique ne signifie pas fermer les yeux sur ses insuffisances.
Au contraire, le soutien responsable consiste à encourager ce qui est bon, à signaler ce qui doit être corrigé et à toujours placer l’intérêt du Sénégal au-dessus des intérêts personnels ou partisans.
La Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô constitue donc un rendez-vous important.
Les Sénégalais attendent des orientations.
Ils attendent des engagements.
Mais surtout, ils attendent des résultats.
Parce qu’au bout du compte, les Sénégalais ne demandent pas seulement qu’on leur parle du changement. Ils veulent le voir et le vivre.
Ma conviction
Je reste convaincu que le Sénégal possède les ressources humaines, économiques, culturelles et institutionnelles nécessaires pour réussir.
Mais aucune transformation durable ne peut se construire dans la division permanente.
Le Président doit continuer à tenir le cap.
Le Gouvernement doit accélérer l’exécution.
Les institutions doivent jouer pleinement leur rôle.
Et les citoyens doivent rester vigilants, exigeants et engagés.
Le temps des postures doit progressivement laisser place au temps des résultats.
C’est à cette condition que nous pourrons construire le Sénégal que nous voulons transmettre à nos enfants et aux générations futures.
La patrie d’abord. Le Sénégal toujours.
Moustapha Garmi Diouf


