À l’approche des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, Madiagne Niang, responsable de la communication de la Fédération sénégalaise de rugby, revient sur la préparation des sélections sénégalaises masculine et féminine de rugby à 7, l’analyse de leurs adversaires et leurs ambitions sportives. Au-delà des résultats, il souligne l’importance de cette expérience pour construire l’avenir du rugby sénégalais et faire de ces Jeux un levier de développement durable pour la discipline.
1. comment se déroule la préparation de nos deux équipes à l’approche des JOJ Dakar 2026 ? tout se passe-t-il comme prévu ?
La préparation se poursuit dans de bonnes conditions. Les joueurs et les joueuses sont à l’entraînement, très concentrés et pleinement engagés dans cette dernière ligne droite. Nous travaillons sur les aspects techniques, tactiques et physiques, mais également sur la cohésion et la discipline collective. Nous sommes conscients de l’importance de ce rendez-vous, d’autant plus qu’il se déroule à domicile.
Comme dans toute préparation de haut niveau, il reste des ajustements à effectuer. Nous continuons donc à travailler avec sérieux pour permettre à nos deux équipes d’aborder la compétition dans les meilleures conditions possibles.
2. Le Sénégal connaît ses adversaires. comment analysez-vous les poules, aussi bien chez les garçons que chez les filles ?
Nous savons que nos deux équipes évolueront dans des poules particulièrement relevées. Les Jeux Olympiques de la Jeunesse réunissent des nations qui disposent de programmes de formation structurés et de jeunes joueurs et joueuses de qualité. Nous abordons cette compétition avec beaucoup de respect pour nos adversaires, mais aussi avec la conviction que nos équipes ont des arguments à faire valoir.
Chez les garçons, nous affronterons l’Afrique du Sud, le Canada et l’Allemagne. L’Afrique du Sud est une grande nation de rugby, reconnue pour sa culture de la discipline et son vivier de joueurs. Le Canada et l’Allemagne disposent également de structures de formation qui leur permettent de présenter des équipes compétitives. Nos Lionceaux devront donc faire preuve de rigueur, de discipline et d’efficacité pour rivaliser avec ces adversaires.
Chez les filles, nous retrouverons l’Australie, le Kenya et la Chine. L’Australie est une référence du rugby à 7, tandis que le Kenya représente un adversaire africain que nous connaissons et que nous prenons très au sérieux. Nous devrons également étudier attentivement le jeu de la Chine pour préparer au mieux cette confrontation.
3. c’est dire que vous êtes conscient du niveau des équipes , comment comptez vous abordez le tournoi ?
Notre objectif est d’aborder chaque rencontre avec sérieux, de respecter notre plan de jeu et de saisir les occasions qui se présenteront. Nous ne voulons pas simplement participer à ces Jeux : nous voulons être compétitifs et représenter dignement notre pays.
4. vous avez récemment affronté le Kenya en Tunisie. que retenez-vous de cette rencontre et que peut-elle apporter aux Lioncelles à Dakar ?
Notre rencontre du 17 octobre dernier en Tunisie nous a apporté des enseignements importants. Nous menions 12 à 7 à la mi-temps avant de finalement nous incliner sur le score de 12 à 24.
Ce match nous a permis de mesurer concrètement le niveau de l’équipe kenyane et de constater que nous sommes capables de rivaliser avec elle sur certaines séquences de jeu. Il nous a également montré les aspects sur lesquels nous devons progresser, notamment la gestion des temps forts et des temps faibles, la concentration et la capacité à maintenir notre intensité jusqu’au coup de sifflet final.
Cette expérience sera précieuse à Dakar. Nous savons davantage à quoi nous attendre face au Kenya, mais nous savons aussi que chaque rencontre est différente. Il faudra tirer les leçons de ce match, corriger nos insuffisances et aborder cette confrontation avec détermination.
5. quelles sont les chances du Sénégal dans cette compétition ? peut-on espérer une médaille ?
Nous croyons au potentiel de nos deux équipes. La préparation menée vise à permettre à nos jeunes de gagner en expérience, de renforcer leur cohésion et d’aborder ces Jeux avec confiance. Nous devons toutefois rester lucides : nous allons affronter des équipes de qualité et personne ne peut garantir un résultat à l’avance. Notre ambition est de rivaliser avec nos adversaires, de gagner des matchs et d’aller le plus loin possible dans la compétition. Nous voulons avant tout voir nos garçons et nos filles donner le meilleur d’eux-mêmes, faire preuve de caractère et défendre dignement les couleurs du Sénégal.
Le fait de jouer à domicile est un atout important. Le soutien du public sénégalais peut donner une énergie supplémentaire à nos jeunes et les aider à se dépasser. Nous invitons donc les supporters à venir nombreux encourager nos deux équipes.
6. au-delà des résultats sportifs, que représentent ces JOJ pour l’avenir du rugby sénégalais ?
Notre ambition dépasse les seuls résultats sportifs. Bien évidemment, nous voulons que nos deux équipes soient compétitives et qu’elles donnent le meilleur d’elles-mêmes face aux meilleures nations. Mais notre objectif majeur est aussi de construire l’avenir.
À notre connaissance, jamais une génération de jeunes sénégalais n’a bénéficié d’une préparation de cette qualité et d’une telle exposition au haut niveau. Nous sommes convaincus que cette expérience peut contribuer à bâtir l’une des générations les plus prometteuses du rugby sénégalais à 7 pour les dix prochaines années.
Nous voulons créer un véritable vivier de talents, capable de permettre au Sénégal de viser durablement le podium africain et, à terme, de renforcer sa présence sur la scène internationale.
7. comment la Fédération compte-t-elle pérenniser les acquis de cette préparation après les Jeux ?
L’enjeu sera de capitaliser sur tout ce qui a été mis en place pendant cette préparation. Il faudra poursuivre l’encadrement technique de ces jeunes, maintenir les infrastructures à disposition et leur offrir des compétitions régulières afin qu’ils puissent continuer à progresser.
Les JOJ Dakar 2026 ne doivent pas être une finalité, mais le point de départ d’un projet durable. Nous souhaitons qu’ils laissent un héritage humain et structurel : des entraîneurs mieux formés, une fédération plus forte, davantage de possibilités pour les filles de pratiquer le rugby et un développement de la discipline au-delà de Dakar, thies, Kaolack, et dans le sud du pays.
C’est ainsi que nous pourrons transformer cette opportunité olympique en progrès concret pour le rugby sénégalais. Notre responsabilité sera de faire en sorte que les bénéfices de cette expérience se ressentent bien au-delà de la compétition et profitent aux générations futures.


