Fin de la polémique, place aux faits ! L’arrivée de onze navires sur le littoral de Hann Yarakh a suscité de nombreuses interrogations et alimenté diverses spéculations sur les circonstances ayant conduit ces bâtiments à se retrouver dans cette zone. Une mise au point s’impose toutefois afin de rétablir les faits et d’éviter que des responsabilités ne soient indûment imputées aux armateurs.
Une décision opérationnelle du Port
Selon les éléments rapportés, le stationnement des navires dans la rade extérieure faisait suite à une décision du Port visant à désengorger les quais et à libérer davantage d’espace pour les opérations de débarquement.
Cette mesure répondait ainsi à une logique opérationnelle de gestion des flux portuaires. Le recours à la rade extérieure permettait notamment de fluidifier les activités et de réduire la pression sur les espaces d’accostage.
La météo marine change la donne
La situation aurait ensuite évolué sous l’effet de conditions météorologiques et marines particulièrement défavorables. Durant cette période, la forte houle et les variations parfois brusques de l’état de la mer auraient fragilisé les dispositifs d’amarrage.
Les amarres qui maintenaient les navires auraient ainsi cédé, provoquant leur dérive jusqu’au littoral de Hann Yarakh.
Il importe donc de distinguer la décision initiale de stationnement dans la rade, relevant du dispositif portuaire, de l’incident maritime consécutif aux conditions de mer. La seule présence des armateurs parmi les propriétaires ou exploitants des navires concernés ne saurait, à elle seule, établir leur responsabilité dans cet incident.
Une mobilisation des forces et entités portuaires
Face à la situation, les différentes forces et entités portuaires concernées ont été mobilisées afin d’intervenir, de sécuriser la zone et d’assurer le suivi de la situation.
Il convient toutefois de préciser qu’aucune opération de remorquage n’a permis, à ce stade, de déplacer les navires : les bâtiments sont toujours sur place, au niveau du littoral de Hann Yarakh.
Cette précision est importante pour éviter toute confusion sur le déroulement des opérations et sur la situation actuelle des navires.
Elhadji Niang : « Il faut des coffres de mouillage »
Fort de quarante années d’expérience dans le secteur maritime, l’armateur M. Elhadji Niang estime que cet épisode doit surtout servir de leçon pour renforcer les dispositifs de sécurisation des navires en rade extérieure.
« Pour éviter ce genre d’incidents, il faudrait que l’État dote le Port de coffres de mouillage pour pouvoir sécuriser les navires en rade extérieure. »

Une proposition qui met en lumière la nécessité de disposer d’infrastructures d’amarrage adaptées permettant de mieux résister aux conditions de mer difficiles et de réduire les risques de dérive.
Tirer les enseignements de l’incident
Au-delà de la polémique, cet épisode pose surtout la question de la sécurisation des mouillages, de l’anticipation des conditions météorologiques marines et de la gestion des risques dans les zones de rade.
L’objectif devrait désormais être de tirer les enseignements de cet incident afin de renforcer les dispositifs existants et d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise.
À Hann Yarakh, les navires sont toujours sur place. La priorité demeure désormais la sécurisation du site, le suivi des bâtiments et la recherche de solutions durables pour mieux sécuriser les navires stationnés en rade extérieure.
Ibrahima khalil Dieng


