Le projet de Centre intégré de valorisation des déchets (CIVD) de Bambilor continue de susciter une vive opposition locale. Lors de l’audience publique consacrée à son Étude d’impact environnemental et social, tenue ce mardi 15 septembre 2026 au CEDAF de Bambilor, les populations et représentants du collectif opposé au projet ont une nouvelle fois exprimé leur refus de voir l’infrastructure implantée sur leur territoire.
Présidée par le Sous-préfet de Sangalkam, la rencontre a réuni les services techniques, les représentants du PROMOGED, les autorités locales ainsi que plusieurs acteurs de la commune.
Durant plusieurs heures, les échanges ont porté sur les conséquences potentielles du projet et sur les garanties attendues avant toute décision. Préservation des terres agricoles, protection de la forêt classée, circulation des camions, ressources en eau, impacts environnementaux et sociaux, mais aussi garanties et autorisations administratives ont notamment été au cœur des préoccupations exprimées.
Un projet qui avance malgré la contestation
Le dossier du CIVD de Bambilor ne date pas d’hier. En avril 2025, le préfet de Rufisque avait déjà annoncé la mise en œuvre du projet dans le cadre du PROMOGED. Les autorités avaient alors fait état de l’élaboration d’un Plan d’action de réinstallation (PAR) et prévu le recensement des personnes et des biens susceptibles d’être affectés par l’implantation du centre. Le site concerné est présenté dans cette communication administrative comme situé dans la forêt classée de Déni Youssouf.
Le projet avait également fait l’objet, dès 2023, d’un appel d’offres international portant notamment sur la construction du mur de clôture du futur CIVD de Bambilor, signe que le projet était déjà engagé dans une phase opérationnelle.
L’environnement au centre du bras de fer
De son côté, le PROMOGED affirme que le projet suit les procédures réglementaires prévues. Selon l’organisme, une Étude d’impact environnemental et social (EIES) a été menée conformément au Code de l’environnement de 2023. Cette étude devait notamment identifier les enjeux environnementaux et sociaux, évaluer les impacts potentiels et définir des mesures d’évitement, de réduction et de compensation.
Un Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) a également été élaboré. Le rapport provisoire de l’EIES a été transmis à la Direction de la Réglementation environnementale et du Contrôle (DIREC), avant une réunion du comité technique de pré-validation tenue le 28 juillet 2026.
Pour le PROMOGED, le CIVD de Bambilor s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de la gestion des déchets solides dans la région de Dakar, avec l’objectif notamment de développer la valorisation des déchets et d’améliorer durablement le cadre de vie.
« Non » au CIVD : la position réaffirmée
Mais sur le terrain, le discours reste ferme. À l’issue de l’audience publique, les populations, les représentants du collectif et plusieurs intervenants ont réaffirmé leur opposition à l’implantation du CIVD à Bambilor.
Au-delà de la question de la gestion des déchets, le débat porte désormais sur le choix du site, la protection des espaces agricoles et forestiers et les conséquences que pourrait avoir l’arrivée d’une telle infrastructure sur le cadre de vie des populations.
Birame Ndaw


