Les collectivités territoriales du Sénégal franchissent une nouvelle étape dans leur quête d’autonomie financière. Réunis à l’occasion d’un atelier de formation et de partage d’expériences organisé dans le cadre du Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN), élus locaux, représentants de l’État et partenaires techniques ont échangé sur les stratégies permettant de renforcer durablement les finances locales.
Organisée par l’Agence de Développement municipal (ADM), cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités des collectivités territoriales à mobiliser davantage de ressources propres afin de financer leur développement.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire général de l’ADM, Papa Sambaré Ndiaye, a rappelé que la faiblesse des ressources financières demeure l’un des principaux obstacles au développement local. Il a souligné que les communes restent confrontées à une assiette fiscale limitée, à des difficultés de recouvrement des recettes, à un déficit de capacités techniques et à une forte dépendance vis-à-vis des transferts de l’État.
Pour relever ces défis, il a plaidé en faveur d’une diversification des sources de financement. Selon lui, le recours aux partenariats public-privé, la valorisation des potentialités économiques locales ainsi qu’une meilleure implication des populations constituent des leviers essentiels pour renforcer l’autonomie financière des collectivités.
Le Secrétaire général de l’ADM a également mis en avant les résultats obtenus grâce au PACASEN, un programme soutenu par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD). Basé sur un système d’évaluation des performances et un mécanisme de financement axé sur les résultats, ce programme contribue à améliorer la gouvernance locale, la transparence et l’efficacité dans la gestion des ressources publiques.
Autre axe majeur des échanges : la digitalisation des finances locales. Représentant le Trésor public, Fallé Diatta Kama a présenté les avancées enregistrées dans la dématérialisation des procédures de recettes et de dépenses, un processus appelé à renforcer la transparence, la traçabilité et l’efficacité des opérations financières.
Les élus locaux ont salué l’initiative. Le maire de Mboro, Abdallah Tall, a estimé que cette session de formation répond à un besoin réel, dans un contexte où les attentes des populations ne cessent de croître alors que les ressources des collectivités demeurent insuffisantes.
Prévu du 22 au 25 juin, l’atelier a permis aux participants de partager leurs expériences, d’identifier les bonnes pratiques et d’explorer des solutions innovantes pour améliorer la mobilisation des ressources locales. Une démarche qui traduit la volonté des autorités sénégalaises de faire des collectivités territoriales des acteurs plus autonomes et plus performants au service du développement économique et social du pays.


