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	<title>Chronique Archives - ECHO 221</title>
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	<description>La voix des territoires</description>
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	<title>Chronique Archives - ECHO 221</title>
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		<title>Bambilor : pourquoi le foncier est devenu une source permanente de tensions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Sep 2026 10:41:13 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Echos de Sangalkam]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la commune de Bambilor, le foncier est devenu au fil des années l’un des principaux sujets de tension entre populations, promoteurs privés, collectivités territoriales et services de l’État. Derrière les affrontements, les contestations de parcelles ou les menaces de déguerpissement se trouve une réalité plus complexe : la superposition de plusieurs types de droits [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans la commune de Bambilor, le foncier est devenu au fil des années l’un des principaux sujets de tension entre populations, promoteurs privés, collectivités territoriales et services de l’État. Derrière les affrontements, les contestations de parcelles ou les menaces de déguerpissement se trouve une réalité plus complexe : la superposition de plusieurs types de droits et de documents sur des espaces devenus particulièrement convoités avec l’urbanisation galopante du département de Rufisque.</strong></p>
<p>Le problème n’est donc pas limité à un seul dossier. Plusieurs affaires révélées ces dernières années montrent que la commune concentre des situations où des habitants revendiquent une occupation ancienne ou une attribution municipale, tandis que d’autres parties brandissent des baux ou des titres fonciers délivrés par l’administration.</p>
<h2><strong>Des conflits qui se répètent</strong></h2>
<p>L’un des dossiers les plus médiatisés concerne Déni Guedj Sud, également appelé Keur Simbiri. En juillet 2024, la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation des sols (DSCOS) avait marqué plusieurs maisons du quartier Ngent et convoqué leurs occupants. Selon les habitants, leurs constructions se trouveraient sur une assiette revendiquée au titre d’un titre foncier datant de 2014. Le collectif « Bayil Sama Suuf » avait alors dénoncé une situation qu’il jugeait injuste, estimant que les populations occupaient les lieux depuis plusieurs décennies.</p>
<p>Cette affaire avait déjà connu un précédent. En 2022, plus de 400 familles de Déni Guedj Sud s’étaient retrouvées menacées de déguerpissement dans le cadre d’un conflit portant sur plusieurs hectares. Les populations affirmaient être installées sur le site depuis longtemps, tandis que des documents administratifs étaient invoqués pour justifier les revendications adverses.</p>
<p>Le même scénario s’est retrouvé à Mbèye. En octobre 2023, de violents affrontements avaient opposé des habitants aux forces de l’ordre après une contestation portant sur l’affectation d’une vingtaine d’hectares à un promoteur privé. Le maire de Bambilor, Ngagne Diop, avait nié avoir attribué ces terres au promoteur et avait renvoyé la responsabilité vers les services techniques de l’État.</p>
<p>Plus récemment, le quartier Déni Birame Ndao a également été concerné par un contentieux portant sur environ 33 hectares. Soixante-treize personnes regroupées au sein d’un collectif avaient engagé une procédure judiciaire contre un promoteur immobilier, l’accusant notamment d’avoir occupé leurs parcelles et détruit des installations. De son côté, le promoteur contestait les accusations et affirmait avoir acquis légalement les terrains auprès de l’État, en produisant un titre foncier devant la justice.</p>
<h2><strong>Pourquoi ces conflits sont-ils si difficiles à régler ?</strong></h2>
<p>La principale difficulté réside dans la coexistence de plusieurs formes de droits et de documents.</p>
<p>Dans certaines zones, les populations se prévalent d’une occupation ancienne, de droits hérités ou de délibérations locales. Dans d’autres cas, les personnes concernées disposent de documents administratifs, de baux ou de titres fonciers.</p>
<p>Or, disposer d’un document ne signifie pas nécessairement que toutes les contestations sociales ont disparu.</p>
<p>Le coordonnateur technique du Projet cadastre et sécurisation foncière (PROCASEF), Alain Diouf, expliquait en mars 2025 que certains conflits sont liés à la clarification des limites entre parcelles, entre assiettes ou entre villages. Selon lui, la sécurisation foncière ne peut pas être uniquement juridique : elle doit également bénéficier d’une reconnaissance sociale.</p>
<p>C’est précisément l’une des clés pour comprendre Bambilor : un droit peut être juridiquement revendiqué par une partie et pourtant être contesté sur le terrain par une population qui considère occuper légitimement l’espace depuis plusieurs générations.</p>
<h2><strong>Le rôle des délibérations municipales au cœur des interrogations</strong></h2>
<p>La question des délibérations constitue également un point sensible.</p>
<p>En mars 2025, le directeur général de la Surveillance et du contrôle de l’occupation des sols (DGSCOS), le colonel Amadou Ousmane Ba, indiquait que son service avait reçu plus de 1 000 plaintes foncières entre janvier et mars 2025 et plus de 3 000 plaintes au cours de l’année 2024.</p>
<p>Il mettait notamment en cause certaines irrégularités liées aux lotissements et aux décisions prises par des collectivités territoriales, évoquant une situation d’« insécurité juridique » pour les citoyens. Il citait expressément Tivaouane Peulh et Sangalkam parmi les zones confrontées à de nombreux contentieux fonciers.</p>
<p>Ces déclarations nationales permettent de replacer le cas de Bambilor dans une crise foncière plus large qui touche particulièrement les zones périurbaines de Dakar.</p>
<h2><strong>Bambilor, victime de son attractivité ?</strong></h2>
<p>La pression foncière constitue également une partie de l’explication.</p>
<p>Bambilor se trouve dans une zone où l’urbanisation progresse rapidement. Des terres autrefois principalement agricoles ou occupées par des villages se retrouvent progressivement convoitées pour l’habitat, les lotissements et les projets immobiliers.</p>
<p>Cette transformation augmente considérablement la valeur des terrains. Une même parcelle peut alors devenir l’objet de revendications concurrentes : famille traditionnelle, occupant, attributaire d’une délibération, promoteur, coopérative ou détenteur d’un document délivré par l’administration.</p>
<p>L’ancienneté de l’occupation devient alors un argument pour les populations, tandis que le document administratif ou le titre foncier devient l’argument de la partie adverse.</p>
<h2><strong>Un problème qui dépasse Bambilor</strong></h2>
<p>Le gouvernement lui-même reconnaît aujourd’hui l’ampleur de la crise.</p>
<p>En juin 2025, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko avait indiqué que de nombreuses réclamations et demandes d’arbitrage foncier étaient quotidiennement adressées à la Primature. Le Conseil des ministres avait alors relevé que la DGSCOS avait reçu, entre 2024 et 2025, des milliers de plaintes liées à des litiges fonciers, dont une grande partie restait sans solution. Le gouvernement avait annoncé la stabilisation des termes de référence d’une réforme foncière globale et inclusive.</p>
<p>Quelques jours plus tard, le président de la république du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye appelait à orienter cette réforme vers l’attribution effective de titres de propriété aux détenteurs légaux et à renforcer les outils de cartographie, tout en insistant sur la prévention et la résolution des conflits fonciers.</p>
<h2><strong>À Bambilor, l’urgence est donc de clarifier</strong></h2>
<p>Le problème foncier de Bambilor ne pourra probablement pas être réglé uniquement par des opérations ponctuelles de déguerpissement, des décisions municipales ou des procédures judiciaires.</p>
<p>La priorité semble être d’établir clairement, parcelle par parcelle, qui possède quel droit, sur quelle base juridique, avec quelles limites et quelle origine.</p>
<p>Cela suppose de confronter les titres fonciers, baux, délibérations, plans cadastraux, documents des services de l’État, archives des collectivités et droits revendiqués par les communautés.</p>
<p>Car tant que plusieurs personnes peuvent présenter des documents différents pour une même terre, le conflit reste latent.</p>
<p>À Bambilor, la question foncière n’est donc plus seulement celle de savoir « à qui appartient la terre ? ». Elle est devenue celle de savoir comment établir une vérité foncière incontestable, juridiquement sécurisée et socialement acceptée.</p>
<p><strong>Birame Ndaw</strong></p>
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		<title>Analyse &#124; Sénégal : Diomaye–Sonko, la fin d’un tandem historique ou la naissance d’un nouveau paysage politique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 09:49:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le lancement officiel de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, le nouveau parti du président Bassirou Diomaye Faye, constitue sans doute l’événement politique le plus marquant depuis l’alternance de mars 2024. Ce qui n’était encore, il y a quelques mois, qu’une divergence de méthodes entre le président de la République et son ancien mentor politique, Ousmane [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le lancement officiel de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, le nouveau parti du président Bassirou Diomaye Faye, constitue sans doute l’événement politique le plus marquant depuis l’alternance de mars 2024. Ce qui n’était encore, il y a quelques mois, qu’une divergence de méthodes entre le président de la République et son ancien mentor politique, Ousmane Sonko, est désormais devenu une réalité institutionnelle : le pouvoir est entré dans une phase de recomposition.</strong></p>
<p>Cette évolution est d’autant plus significative qu’elle s’accompagne d’une vague de démissions au sein de Pastef et de ralliements vers le camp présidentiel. Ces mouvements interrogent sur l’avenir de la majorité issue de la présidentielle de 2024 et sur les équilibres politiques qui se dessinent en vue des prochaines échéances électorales.</p>
<p><strong>Une rupture qui semblait inévitable</strong></p>
<p>L’histoire politique retiendra que Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont incarné ensemble l’espoir du changement. Le premier est devenu président grâce au soutien sans faille du second, empêché de se présenter à la présidentielle de 2024. Ensemble, ils avaient porté un projet fondé sur la souveraineté, la rupture avec les anciennes pratiques politiques et la refondation de l’État.</p>
<p>Mais l’exercice du pouvoir modifie souvent les équilibres qui existent dans l’opposition. Gouverner impose des arbitrages, des compromis et des responsabilités qui peuvent créer des divergences profondes, même entre alliés historiques.</p>
<p>La création de KIIRAAY officialise cette séparation politique. Le président choisit désormais de construire son propre appareil partisan, capable de soutenir directement son action et de préparer les prochaines batailles électorales.</p>
<p><strong>Les démissions : simple opportunisme ou véritable adhésion ?</strong></p>
<p>Depuis plusieurs jours, plusieurs responsables annoncent leur départ de Pastef pour rejoindre le camp présidentiel. Parmi eux figure Khouraichi Thiam, dont le ralliement a marqué les esprits.</p>
<p>Faut-il y voir une adhésion idéologique au projet présidentiel ou un simple repositionnement politique ?</p>
<p><strong>La réponse est probablement plus complexe.</strong></p>
<p>Dans toutes les démocraties, lorsqu’un nouveau centre de pouvoir apparaît, une partie des responsables politiques choisit naturellement de s’en rapprocher. Le pouvoir dispose de moyens d’action, d’une visibilité institutionnelle et d’une capacité de décision qui attirent élus, cadres et responsables locaux.</p>
<p>Mais réduire ces ralliements à un simple calcul serait également une erreur. Certains responsables peuvent sincèrement considérer que le président de la République doit désormais disposer de sa propre majorité afin de gouverner avec davantage de cohérence.</p>
<p><strong>Pastef reste cependant une force politique majeure</strong></p>
<p>Les départs enregistrés ces derniers jours ne signifient pas nécessairement un affaiblissement irréversible de Pastef.</p>
<p><strong>Le parti conserve plusieurs atouts considérables.</strong></p>
<p>D’abord, il dispose d’une implantation nationale construite durant plus de dix années de mobilisation. Ensuite, il bénéficie d’une base militante extrêmement engagée, forgée dans les années d’opposition, les manifestations et les épreuves judiciaires. Enfin, Ousmane Sonko demeure l’une des personnalités politiques les plus influentes du pays, avec une forte capacité de mobilisation populaire.</p>
<p>Autrement dit, les départs de certains cadres ne traduisent pas automatiquement un transfert de l’électorat.</p>
<p>L’histoire politique montre souvent que les militants ne suivent pas toujours les dirigeants qui changent de camp.</p>
<p><strong>Deux légitimités face à face</strong></p>
<p>La particularité de cette crise réside dans le fait qu’elle oppose deux légitimités différentes.</p>
<p>Bassirou Diomaye Faye possède la légitimité institutionnelle. Il est le chef de l’État, garant des institutions et responsable de la conduite des politiques publiques.</p>
<p>Ousmane Sonko, lui, conserve une forte légitimité militante et historique. Il reste le fondateur de Pastef et celui qui a incarné pendant plusieurs années la lutte contre le régime précédent.</p>
<p>Cette dualité crée une situation inédite dans la politique sénégalaise : un président qui construit sa propre majorité face au leader du parti qui l’a porté au pouvoir.</p>
<p><strong>Une bataille qui se jouera sur le terrain</strong></p>
<p>Les prochaines élections locales constitueront le premier véritable test.</p>
<p>Les ralliements médiatiques auront peu de valeur si le nouveau parti présidentiel ne parvient pas à s’implanter durablement dans les communes, les départements et les régions.</p>
<p>À l’inverse, Pastef devra démontrer qu’il conserve la confiance de sa base malgré les départs de certains responsables.</p>
<p>Ce sont donc les élus locaux, les coordinations communales, les mouvements de jeunesse, les femmes, les notables et surtout les électeurs qui départageront les deux camps.</p>
<p><strong>Les risques pour le Sénégal</strong></p>
<p>Cette recomposition comporte également des risques.</p>
<p>Une rivalité trop forte entre les deux anciens alliés pourrait ralentir certaines réformes prioritaires, alimenter les divisions au sein de la majorité et créer une période d’incertitude politique.</p>
<p>À l’inverse, une compétition démocratique apaisée pourrait contribuer à clarifier les lignes politiques et offrir aux citoyens une meilleure lisibilité des projets proposés.</p>
<p>Tout dépendra de la capacité des acteurs à privilégier le débat d’idées plutôt que la confrontation personnelle.</p>
<p><strong>Une nouvelle République politique ?</strong></p>
<p>Le Sénégal semble entrer dans une nouvelle séquence.</p>
<p>Pendant plus de dix ans, le débat politique s’est structuré autour de l’opposition entre Macky Sall et Ousmane Sonko.</p>
<p>Depuis la présidentielle de 2024, cette opposition a disparu. Le débat se déplace désormais au sein même de la famille politique qui a porté l’alternance.</p>
<p>La question n’est plus seulement de savoir qui gouverne, mais quelle vision du pouvoir, de l’État et de la gouvernance l’emportera entre les différentes sensibilités issues d’un même projet politique.</p>
<p>L’avenir dira si cette séparation marque une simple réorganisation de la majorité ou le début d’une compétition politique durable qui redessinera profondément le paysage politique sénégalais jusqu’à l’élection présidentielle de 2029.</p>
<p>En définitive, la naissance de KIIRAAY et les mouvements observés autour de Pastef ne doivent pas être analysés uniquement comme une succession de démissions ou de ralliements. Ils traduisent une recomposition du pouvoir dont les conséquences dépasseront largement les appareils politiques. C’est désormais sur le terrain, dans les collectivités territoriales et devant les électeurs, que se jouera le véritable rapport de force entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.</p>
<p><strong>La rédaction de Écho 221</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le patriotisme républicain : une philosophie de l’engagement, du devoir et de la transformation collective</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 10:29:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le patriotisme est souvent réduit à un simple sentiment d’attachement à une terre, à un drapeau ou à une histoire commune. Pourtant, dans sa dimension la plus noble, il dépasse largement l’émotion. Il est une philosophie de la responsabilité, une exigence morale et un engagement quotidien au service de la collectivité. Le patriotisme républicain ne [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le patriotisme est souvent réduit à un simple sentiment d’attachement à une terre, à un drapeau ou à une histoire commune. Pourtant, dans sa dimension la plus noble, il dépasse largement l’émotion. Il est une philosophie de la responsabilité, une exigence morale et un engagement quotidien au service de la collectivité.</strong></p>
<p>Le patriotisme républicain ne se limite pas à aimer son pays ; il consiste à vouloir le rendre meilleur. Il ne se mesure pas uniquement aux discours, aux symboles ou aux déclarations d’intention, mais aux actes concrets posés pour renforcer la justice, la dignité humaine, la solidarité et l’intérêt général.</p>
<h2>Le patriotisme comme devoir avant d’être un privilège</h2>
<p>Être patriote dans une République, ce n’est pas seulement revendiquer des droits. C’est aussi accepter des devoirs.</p>
<p>La République repose sur un pacte : chaque citoyen bénéficie de la protection et des opportunités offertes par la nation, mais, en retour, il doit contribuer à sa construction.</p>
<p>Le véritable patriote est celui qui se demande :</p>
<blockquote><p>« Que puis-je apporter à mon pays avant de demander ce que mon pays peut m’apporter ? »</p></blockquote>
<p>Cette question fonde une nouvelle culture citoyenne : une culture du service, de l’effort, de la responsabilité et de l’excellence.</p>
<h2>Le patriotisme républicain refuse le culte de la personnalité</h2>
<p>Une République forte ne repose pas sur un homme providentiel, mais sur des institutions solides, des citoyens engagés et une conscience collective.</p>
<p>Le patriotisme républicain ne consiste pas à suivre aveuglément un dirigeant ; il consiste à défendre des principes fondamentaux :</p>
<ul>
<li>l’État de droit ;</li>
<li>la transparence ;</li>
<li>la justice sociale ;</li>
<li>l’égalité des chances ;</li>
<li>la souveraineté populaire.</li>
</ul>
<p>La fidélité à la République doit toujours être supérieure à la fidélité envers les individus.</p>
<h2>Le patriotisme économique : produire, entreprendre et transformer</h2>
<p>Un pays ne devient pas souverain uniquement par des déclarations politiques. Il le devient par sa capacité à produire, à innover et à créer de la valeur.</p>
<p>Le patriotisme républicain du XXIᵉ siècle doit intégrer une forte dimension économique :</p>
<ul>
<li>consommer davantage local ;</li>
<li>soutenir les entrepreneurs nationaux ;</li>
<li>développer les compétences ;</li>
<li>valoriser les talents ;</li>
<li>encourager l’innovation.</li>
</ul>
<p>Aimer son pays, c’est aussi contribuer à son développement économique.</p>
<p>Une nation qui dépend excessivement des autres pour se nourrir, se former, se soigner ou produire ses richesses fragilise son avenir.</p>
<h2>Le patriotisme républicain, une éthique de gouvernance</h2>
<p>Le patriotisme ne peut être exigé uniquement des citoyens. Il doit également être incarné par celles et ceux qui exercent des responsabilités publiques.</p>
<p>Servir l’État n’est pas une opportunité d’enrichissement personnel. C’est une mission.</p>
<p>La fonction publique et les responsabilités politiques doivent être guidées par une éthique supérieure fondée sur :</p>
<ul>
<li>l’intégrité ;</li>
<li>la compétence ;</li>
<li>la sobriété ;</li>
<li>la reddition des comptes ;</li>
<li>la primauté de l’intérêt général.</li>
</ul>
<p>Le pouvoir n’est pas une récompense ; il est une dette envers le peuple.</p>
<h2>Le patriotisme comme alliance entre les générations</h2>
<p>Une République ne peut progresser que si elle réussit à unir ses générations.</p>
<p>Les anciens portent la mémoire, l’expérience et la sagesse.</p>
<p>Les jeunes incarnent l’énergie, l’innovation et l’audace.</p>
<p>Le patriotisme républicain consiste à instaurer une transmission permanente entre ces générations afin que l’expérience éclaire l’avenir et que la jeunesse construise le futur.</p>
<p>Une nation qui abandonne sa jeunesse prépare son déclin. Une nation qui méprise ses anciens perd une part de son intelligence collective.</p>
<h2>Le patriotisme républicain face aux défis du monde</h2>
<p>Dans un monde marqué par les crises économiques, les mutations technologiques, les tensions géopolitiques et les défis climatiques, le patriotisme doit évoluer.</p>
<p>Le patriotisme moderne n’est pas un repli sur soi ; il est une ouverture maîtrisée au monde.</p>
<p>Il consiste à :</p>
<ul>
<li>défendre ses intérêts tout en respectant les autres nations ;</li>
<li>coopérer sans dépendre ;</li>
<li>apprendre du monde sans perdre son identité ;</li>
<li>participer aux grandes transformations internationales.</li>
</ul>
<p>Le véritable patriote n’a pas peur du monde ; il veut que son pays y occupe une place digne et respectée.</p>
<h2>Construire une République de citoyens responsables</h2>
<p>Le défi majeur de notre époque n’est pas seulement économique ou institutionnel. Il est aussi culturel.</p>
<p>Il s’agit de construire une citoyenneté nouvelle, dans laquelle chacun comprend que la transformation nationale commence par soi-même.</p>
<p>Le patriotisme républicain appelle :</p>
<ul>
<li>l’étudiant à rechercher l’excellence ;</li>
<li>l’entrepreneur à créer de la valeur ;</li>
<li>le fonctionnaire à servir avec loyauté ;</li>
<li>le citoyen à respecter les règles communes ;</li>
<li>le dirigeant à exercer le pouvoir avec humilité.</li>
</ul>
<h2>Conclusion : le patriotisme comme projet de civilisation</h2>
<p>Le patriotisme républicain est une philosophie de l’action. Il ne demande pas seulement d’aimer une nation ; il demande de la servir.</p>
<p>Il est la rencontre entre la liberté individuelle et la responsabilité collective, entre l’identité nationale et l’ouverture universelle, entre la mémoire du passé et l’ambition de l’avenir.</p>
<p>Une République ne se construit pas uniquement avec des lois. Elle se construit aussi avec des consciences.</p>
<p>Car, au fond, le plus grand acte patriotique n’est pas de proclamer son amour pour son pays.</p>
<p>Le plus grand acte patriotique est de travailler chaque jour pour qu’il devienne plus juste, plus fort, plus solidaire et plus respecté dans le monde.</p>
<p><strong>Par Alioune Ndiaye</strong><br />
<em>Expert en développement international – Écrivain</em></p>
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		<item>
		<title>Snégal : Quand l’Atlantique efface nos vies, le cri d&#8217;alarme d&#8217;un littoral en sursis (Par Aly Saleh)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 13:10:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec près de 700 kilomètres de côtes, le Sénégal tire sa richesse de l’océan Atlantique. Et pourtant, ce géant bleu est devenu une menace directe pour les populations. De Saint-Louis à Bargny, l&#8217;érosion côtière avance à un rythme alarmant, grignotant jusqu&#8217;à deux mètres de terre par an. Derrière les chiffres des géographes se cache un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Avec près de 700 kilomètres de côtes, le Sénégal tire sa richesse de l’océan Atlantique. Et pourtant, ce géant bleu est devenu une menace directe pour les populations. De Saint-Louis à Bargny, l&rsquo;érosion côtière avance à un rythme alarmant, grignotant jusqu&rsquo;à deux mètres de terre par an. Derrière les chiffres des géographes se cache un drame humain déchirant : des maisons détruites, des économies locales brisées et des vagues de réfugiés climatiques contraints de fuir leur terre natale. Immersion documentée le long d&rsquo;un trait de côte en sursis.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;insatiable appétit de l&rsquo;océan : quand la nature et l&rsquo;homme s&rsquo;en mêlent</strong></p>
<p>Le constat des experts est sans appel : le Sénégal subit de plein fouet les effets du changement climatique global. Sous l&rsquo;effet de la hausse du niveau des mers, le trait de côte recule en moyenne de un à deux mètres par an sur l&rsquo;ensemble du littoral. Mais la nature n&rsquo;est pas la seule responsable. Les erreurs d&rsquo;aménagement du passé ont agi comme de véritables accélérateurs du désastre. Le cas de la Langue de Barbarie, à Saint-Louis, est à ce titre un cas d&rsquo;école planétaire.</p>
<p>En octobre 2003, pour sauver la vieille ville coloniale d&rsquo;une crue historique du fleuve Sénégal, une brèche artificielle de seulement quatre mètres de large fut creusée dans la langue de sable pour évacuer les eaux vers l&rsquo;océan. Ce qui devait être une solution d&rsquo;urgence s&rsquo;est transformé en cauchemar environnemental. Sous la pression de la fureur atlantique, l&rsquo;ouverture s&rsquo;est élargie de manière incontrôlable pour atteindre aujourd&rsquo;hui plusieurs kilomètres de large. En modifiant profondément les courants marins, cette brèche a exposé les quartiers de pêcheurs de Guet Ndar à des houles dévastatrices, transformant une langue protectrice en un couloir de destruction.</p>
<p><strong>Réfugiés climatiques : le traumatisme des vies déracinées</strong></p>
<p>À Guet Ndar ou à Bargny, l&rsquo;avancée de la mer ne détruit pas seulement du sable ; elle pulvérise des concessions familiales héritées de génération en génération et engloutit jusqu&rsquo;aux cimetières des ancêtres. Lors des grandes marées de tempête, les vagues frappent les habitations en première ligne. Elles forcent les familles à fuir au milieu de la nuit, n&#8217;emportant avec elles que quelques effets personnels.</p>
<p>Pour répondre à cette urgence humanitaire, l&rsquo;État sénégalais et la Banque mondiale ont déployé le Projet de relèvement d&rsquo;urgence de Saint-Louis (SERP). C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;a vu le jour le site de recasement de Diougop, situé à environ 6 kilomètres à l&rsquo;intérieur des terres. Conçu pour accueillir à terme près de 1 500 familles, soit plus de 10 000 personnes, ce nouveau quartier abrite des logements modulaires et des maisons en briques de terre compressée. L&rsquo;État y a également construit une école primaire pour éviter que les enfants des sinistrés ne subissent une rupture scolaire après la perte de leur maison. Si ce déplacement met les populations à l&rsquo;abri de l&rsquo;océan, il engendre un profond traumatisme social. Pour ces familles nées les pieds dans l&rsquo;eau, s&rsquo;installer en pleine brousse équivaut à un déracinement total.</p>
<p>« <em>Nous avons un toit sûr, mais nous avons perdu notre identité</em>« , confient souvent les chefs de famille. L&rsquo;éloignement complexifie les trajets des pêcheurs qui doivent rejoindre leurs pirogues à Guet Ndar, tandis que la solidarité historique du littoral se dissout peu à peu dans l&rsquo;anonymat des blocs de recasement.</p>
<p><strong>L&rsquo;économie de la pêche à genoux : l&rsquo;agonie des quais et des sites de transformation</strong></p>
<p>Au-delà des habitations, c&rsquo;est tout le poumon économique des communautés côtières qui est en train de s&rsquo;asphyxier. La réduction drastique des plages ne laisse plus assez d&rsquo;espace pour le débarquement des pirogues. Lors des fortes houles, les embarcations, outils de travail principaux des pêcheurs, se fracassent les unes contre les autres sur les rares bandes de sable restantes, provoquant des pertes financières colossales pour les familles.</p>
<p>À Bargny, ce sont les femmes transformatrices de produits halieutiques qui se retrouvent en première ligne de cette crise. Historiquement installées sur le littoral pour fumer, sécher et saler le poisson (le kéthiah et le Guedj), elles voient leurs espaces de travail, appelés « sites de transformation », purement et simplement engloutis par les flots. Cette perte d&rsquo;espace est aggravée par une double peine : la pression foncière des grands projets industriels environnants, comme la centrale à charbon, qui bloque toute possibilité de reculer l&rsquo;activité vers l&rsquo;intérieur des terres. C&rsquo;est clair, sans plage pour débarquer le poisson et sans espace pour le traiter, c&rsquo;est l&rsquo;autonomie financière de milliers de femmes et la sécurité alimentaire de toute la région qui s&rsquo;effondrent.</p>
<p><strong>Sauver le littoral, une course contre la montre</strong></p>
<p>L&rsquo;avancée de la mer au Sénégal n&rsquo;est plus une simple prévision écologique pour le futur ; c’est une réalité destructrice qui redessine la géographie humaine et économique du pays. Des logements modulaires de Diougop aux plages disparues de Bargny, les communautés de pêcheurs paient le prix fort d&rsquo;un dérèglement climatique mondial dont elles ne sont pas responsables. Les digues de protection et les barrières d&rsquo;enrochement construites par l&rsquo;État et ses partenaires offrent un répit temporaire, mais elles ne suffiront pas à long terme si une politique globale de gestion intégrée des zones côtières n’est pas vigoureusement appliquée.</p>
<p>Les digues de protection et les enrochements ne sont que des pansements sur une plaie ouverte. Face à l&rsquo;Atlantique, le sursis est de courte durée. Si le déplacement à Diougop sauve des vies, il ne sauve ni l&rsquo;identité, ni l&rsquo;économie de nos communautés de pêcheurs. Pour le Sénégal, protéger son littoral n&rsquo;est plus une simple option écologique : c&rsquo;est un impératif de souveraineté nationale. Le temps des constats est dépassé ; l&rsquo;heure est à une politique de survie globale, avant que l&rsquo;océan n&rsquo;ait le dernier mot.</p>
<p><strong>Aly Saleh</strong></p>
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